Le syndrome des révisions.

Terrain : sujet jeune, H=F, aggravation avec l’année d’étude (D4>D3>D2>D1>P2).

FDR : médecine, port de blouse/stéthoscope, Intermémo/KB/Cas cliniques, ECN+++++, saison (survient étrangement avant les partiels +++), mode épidémique (toute une promotion est touchée).

Troubles du comportement alimentaire (junk food, mcdo/sushis, trucs qui traînent, céréales sans lait, pâtes crues), addiction café/thé/substances excitantes (prévoir le sevrage), possibilité de TIAC si RU de la fac.

Trouble de l’humeur : dépression, pessimisme, perte de l’élan vital (« je veux pas aller en garde, je veux rester chez moi pour réviser », « je peux pas sortir je dois réviser »). A traiter par évaluation et prévention des risques suicidaires, éviction inter-mémo et prepecn, abolition champs lexical de la médecine.

Conseil du conférencier : dans votre future pratique, préférez un bon « avez-vous soif ou bobo ? » qu’un long : « nous allons vous réhydrater sérum phy IV 1 litre en 1 heure, surveillance clinique (pli cutané, OMI) et iono, et vous donner des antalgiques OMS pallier 2 adaptés EVA, voire titration morphinique ».

Trouble du comportement : hétéro-agressivité pour raisons minimes (place à la BU, dernier bouquin de cas clinique de module 8 celui avec des spirales PRIS PAR UN D2 HAAAAAA, P1 qui parlent de leurs chat/chien/biochimie), voire soliloquie (« ha je vais manger, j’ai bien travaillé »). Solilolie (=rire seul).

Trouble du sommeil : insomnie+++, voire inversion du cycle nycthéméral, cauchemars « j’ai rêvé d’un zéro à la question », « j’ai rêvé des ECN, le premier dossier c’était « Femme 81a consulte pour asthénie, quel est votre diagnostic, quelle est votre PEC, quel est votre suivi » et le deuxième c’était « Homme 81a vient pour douleur AIGUE, quel est votre diagnostic étiologique, argumentez, quelle est votre PEC, quelles sont les complications », et j’avais un PMZ parce que j’avais oublié la déclaration obligatoire de l’éventuelle brucellose).

Syndrome délirant : aigu (<6 mois, sauf DCEM4), mécanismes multiples (interprétation : « je connais pas l’item 191 alors je vais tout rater », imagination « j’aurai du réviser plus régulièrement », intuition « ce sera septembre pour moi »), adhésion totale au délire, aucune critique, participation affective forte source d’angoisse (« mon surligneur JAUNE est vide et on est dimanche »).

Troubles anxieux : obsession (« j’ai des anticorps anti-révisions », « le facteur de risque de l’augmentation du temps de latence du tramway est une tentative de suicide mal ou pas évaluée », « zéro à ma vie »).

Isolement social (aggravé par l’épidémie intra-promo), affectif, professionnel.

Signes somatiques : nervosité, irritabilité (« DEBILE cet item ! » genre le 186), polyurie/diarrhée (aggravée par stress, café, thé, mcdo), pseudo-phéochromocytome : sueurs, céphalées, HTA (provoquée par vision d’un item inconnu type « prescription d’une cure thermale », ou par la correction d’un dossier « si oubli examen ophtalmo bilatéral comparatif dans la clinique de la BDA : ZERO AU DOSSIER »), hirsutisme et incurie.

Conduites d’évitement : hyperactivité ménagère (vaisselle, lessives, nettoyage de derrière le frigo, ranger ce qu’il y a sous le lit, nettoyer le balcon), réseaux sociaux (type FACEBOOK* TWITTER*), séries (COUGAR TOWN* DESPERATE HOUSEWIVES*).

Pour les ECN ne pas retenir les noms de spécialité. Bisous.

Examen complémentaires : HCG, parce qu’il faut toujours faire des HCG, pour les femmes en âge de procréer et les hommes douteux. Et glycémie capillaire car NEURO=DEXTRO. Le diagnostic est clinique.

TTT : Hospitalisation en urgence dans un bar. (préférer localisation centre-ville avec happy hour +++, éviter PMU de villages désertiques).

Le conseil du conférencier : l’épidémiologie du PMU et des bars du centre-ville sont complètement différentes, mais ON NE VOUS EN VOUDRA PAS si vous vous trompez.

Cure d’éthanol à forte posologie per os (intra-veineux pour les plus résistants). 0,5-1°/kg en plusieurs fois. (RHUM* VODKA* WHISKY*…) Pur ou dilué.

Pour les ECN apprenez au moins un nom de spé et la posologie EST « HAUTEMENT TOMBABLE ».

Prévoir SNG, SU, bilan MST et contraception (effet secondaires de l’éthanol : nausées, vomissement, polyurie, désinhibition, dormir dans sa voiture/chez un inconnu). Attention aux conduites médico-légales (pisser dans la rue, casser le néon d’un bar).

Arrêt total et définitif des révisions (pas mis = zéro au dossier).

Traitement étiologique : arrêt des examens/ECN (contre-indiqués A VIE). (pas mis = Hélène Ségara pendant 24H non stop. Ou Fort Boyard).

Education du patient : consulter dès l’apparition des premiers signes (position assise au bureau>3h, livres de cas cliniques>2). Pas d’auto-médication. Toujours avoir antidote sur soit en cas de prodromes avant-coureurs (par exemple : CHARTREUSE* 25cc, en une fois per os).

Carte d’intolérance aux examens/aux ECN.

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16 commentaires sur “Le syndrome des révisions.

  1. Gélule dit :

    ahahahaha purée mais c’est tellement vrai! c’était ya pas si longtemps, et quand je vois mes externes je me dis que je ne regretterai JAMAIS cette période! Allez, courage va….

  2. Arvel dit :

    Excellent ! Vraiment très bon. Je ris rarement quand je LIS des notes de blog… mais là bravo.

    Sinon je peux te parler de biochimie ?

  3. Gigi dit :

    tout simplement excellent, j’a-dore !! (surtout à 1 mois des ECN……..)

  4. Naromi dit :

    Gros fou rire en lisant cet article, merci merci, ça fait du bien après l’item sur les diarrhées chroniques… HAHA.
    Je le garde sous la main en cas de burn out syndrome!

  5. Schtrou dit :

    Une bonne tranche de fou rire après une matinée sur la psy à me demander si j’ai pas un trouble anxieux ! Enfin un item pour lequel je peux me dire « celui là je l’ai » et « oui vas-y traiiiiite moi » Encore un mois avant le traitement intensif…
    Merci !

  6. Daddy dit :

    Juste énorme, merci pour cette grosse marrade qui a fait chier tous mes voisins de table à un moins de la grande kermesse

  7. toutinfo dit :

    Vraiment bien trouvé mdr

  8. Eve dit :

    Génial :) ! Ca m’a changé les idées … pendant au moins 3 minutes ! Bon, j’y retourne …. (je souffre également de soliloquie)

  9. zigmund dit :

    excellent ! (pas tt compris car vieil oph installé avant ECN)
    je me souviens que si on ne passait pas l’internat (ce qui fut mon choix à l’époque) au fur et à mesure que les années passaient on arrivait presque à AIMER les examens et les révisions !

  10. Aelys dit :

    Tellement vrai … et tellement bien fait. Mes cours de psychiatrie appliqué à l’externe =) Bravo !

  11. doudou dit :

    superbe!
    est malheureusement le plus souvent suivie de l’internite dans environ 18 mois 2 formes cliniques habituelles:
    -le délire mégalomaniaque avec sensation de toute puissance (surtout AR,chirurgiens, GO ,urgentistes,cardiologues)
    -l’asthénie-aboulie ( je ne sais rien et surtout pas quoi faire cachons nous!)
    y échappent en général les biologistes et psychiatres qui frétillent d’avoir enfin rejoint leurs milieux de culture spécifique

  12. MeSH dit :

    Excellent ^^

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