Acerbe remarque.

Suite au retour des D4, des vrais d4, ceux qui passent l’ECN, au déménagement impromptu de mon service dans un autre qui nous ampute de quelques lits, au cruel manque de congés à poser (haha), suivre les patients devient, oserais-je dire, un jeu d’enfant.

On ne pourrait pas croire mais avoir 2 patients, c’est usant. On en culpabilise de rechigner à se lever le matin, pour s’impatienter avant les 3 fameux quarts d’heure de gloire, de la gloire de l’externe à connaître ses deux patients sur le bout des doigts, de nos petits doigts usés par les fichages d’items, prenant la forme inversée d’un stylo, tel un permanant signe du godet. Puisque qu’on n’attend seulement que ce furtif « coucou. » pontifical à nos 2 patients, alors, la moindre des choses est de tout connaître, les constantes, le caca dur ou mou, si la nuit s’est bien passée, si le plateau repas est convenant, si la couleur du mur ou des cheveux de ghislaine, l’aide-soignante, est plaisante, et si la voisine ne sent pas trop le pipi. J’exagère, bien entendu, nous faisons, et j’entends par nous, la substance amorphe de blouses blanches avachies sur un charriot de dossiers ; des tas d’autres choses. N’ayant pas droit au café, nous regardons (admirons !) nos internes s’en délecter, trions les examens complémentaires avec, euh, tact et mesure ?, participons à la T2A en faisant des tours d’ECG, et en calculant les indices de Buzby, et c’est déjà pas mal. Il ne faudrait pas nous en demander trop : nous ne sommes pas là pour faire comme les médecins. Ah si.

Je ne vais pas disgresser plus longtemps sur cette surpopulation d’étudiants hospitaliers, puisqu’elle ne concerne que nous, et parce qu’on va m’accuser d’écrire cet article pour le compte du CNOM.

Je ne sais pas y faire.

Hum, une fois n’est pas coutume, je ne suis pas calé sur le sujet, mais il s’agit d’une histoire récente. Qui m’a fait plus que tergiverser.

Je n’ai jamais été très « sentiments », « attachement » et tout ce champ lexical. La question d’une relation ne m’a jamais traversé l’esprit ces dernières années puisque cela ne m’intéressait pas. Bien sûr, il me reste -ouf- l’empathie que j’ai pour mes patients, mais il s’agit là d’une partie de moi complètement cloisonnée de ma vie privée. Même si elle peut avoir des répercussions. Bref, c’est une autre histoire.

Bien sûr, j’ai ce qu’on appelle des « coups d’un soir ». C’est très conceptuel, surtout dans mon milieu. Et chacun l’envisage comme il veut. Tu arrives, tu fais ce que tu as à faire, et tu repars ; pour les plus minimalistes. Tu peux dîner, y passer la nuit, câlins et café au petit-déj pour les plans-cul améliorés.

L’engagement et le temps passé, que dis-je ! perdu, dans une relation, les hauts et surtout les bas, les concessions et les sacrifices, cela m’a toujours effrayé. Bien sûr, on n’en voit que les mauvais côtés. Bien sûr, l’amour (permettez-moi de mentionner ce que je connais peu), va au-delà, d’après les racontars. D’ailleurs, pourquoi passe-t-on notre temps à le chercher si c’est aussi mauvais que je ne le prétends ?

Il m’est arrivé, cet été, qu’un « coup d’un soir » s’attache plus qu’il ne le faudrait.

C’est très touchant, évidemment. Mais c’est surtout nouveau, et donc étrange. « Je ne sais pas trop comment me comporter, alors je ne me comporte pas ». Comment se comporter vis-à-vis de ses amies ? De ses parents ? Et surtout, comment me comporter avec mes amis à moi, qui me voient comme une « ordure », un « consommateur de sexe » ? C’est que j’ai une réputation à garder, moi ! Tout ça ne donne pas envie, hein.

Et pourtant, cette dépendance qui commence à se créer, cette mine déconfite à mon départ, ces « doudou » et « chat » m’ont fait me poser quelques questions. Et si moi aussi j’étais attaché ? Je n’ai pas été très entreprenant, et ai commencé à laisser couler. Coups de téléphone, sms. Agréables surprises. Tiens, quelqu’un pense à moi à l’autre bout de la France. A 3h48 du matin.

Suite à une mauvaise manipulation texto (rah, ces gros doigts), le pot-aux-roses a été découvert. « Effectivement, je suis UN PEU moins ‘in love’ que toi ». C’était peut-être pas plus mal. L’année prochaine (je touche du bois), la D4. Ce n’était peut-être pas le moment de m’aventurer dans ce que je vois -malheureusement- comme une activité extra-universitaire.

On a cassé. Ou plutôt, j’ai cassé. Un sms sec, court, pas envie d’étaler ma pensée floue et sinueuse (l’honneur du mec, tout ça). Avec un objectif en tête : plus jamais ça, du moins en péri-ECN.

Allez, sur un autre ton, la musique du moment. Ne déprimez pas trop, ne lâchez rien ! Love.

Top des recherches.

Un petit top des recherches qui sont heureusement (ou malencontreusement plutôt) arrivés sur le blog.

se taper les externes pourquoi ça tombe sur mon blog ça ??
je suis docteur je fais passer un coucou a ma patiente COUCOU.
plus envie de rien suite alcool arrête de boire mec
prostate toucher par le caca c’est pas les mêmes tuyaux, fais gaffe
j’ai rate mon module 8 d’aide soignante plus de rattrapage trop deg
comment pour prendre la sat à un patient ya des externes pour ça
je suis patiente est un infirmier psy m a fait une proposition t’es érotomane ouais
le medecin est compétent pour recoudre non on a des couturières spécialisées
si lors d’un commentaire on saute une épreuve c’est sanctionner keuwa ?
s’attacher à tout les mecs ? c’est pas une bonne idée
quand demander un electrocardiogramme quand le patient entre chez toi
doigtier pour évacuer un fécalome
eleves infirmieres qui paniquent deg pour elles
examens complémentaires fécalome au moins un TEP Scan !!!!
texte pour une amie a qui on les attacher hyper vite attacher quoi ???
je suis à la recherche d’aide soignant que je ne trouve pas comment faire t’en voles un au CHU
décès fécalome c’est balo
sac etudiante en medecine c’est pas très sympa pour elles
externe en pharma faire un ecg EXCELLENTE IDEE
tu va me le peyé raté.
se faire tutoyer par les etudiants
étudiant en médecine voyeur en gynéco on l’est tous HAHAHAH
c’est qui qui evacuer un fecalome C’est bibi !!!!!
ouais j’ai fait des fiches faudrait que tu les apprennes,bah c’est ce que j’me suis dit aussi Cool.
stage engueuler ça n’arrive jamais.
syndrôme de la pente glissante presque ! syndrome des sables mouvants ?
loana sale grosse
addiction aux pates crues
aimer mettre un thermometre rectal bah écoute tant mieux pour toi
est ce que ça fait mal un fecalome si peu.

Sans café.

Voilà quelques jour que je vis sans café. Ce n’est pas subit, c’est simplement parce que je n’ai plus le temps d’aller faire les courses.
Mon emploi du temps est tellement serré (cette semaine, tour d’ORL et de pédia, la semaine prochaine module 4, 5, 7 et ophtalmo, rien que ça) que je n’ai plus le temps de rien faire.

Et je n’ai plus le temps d’acheter du café et donc je travaille moins.
Ca m’apprendra.